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mercredi, 15 août 2007
Compétitivité
Même dans un Monde où tous n'ont pas les mêmes chances, un système d'universités en compétition et compétitives est malgré tout une bonne chose. Mais avec un concours d'entrée, je ne sais pas. Tout le monde n'a pas forcément les mêmes bagages au départ. L'Université actuelle propose à chacun de se refaire une chance. Je prends mon exemple : mon père me défonce la gueule à 4 ou 5 ans sans aucune raison fondée, ma mère qui cherche à me protéger se fait taper dessus devant moi. Je pars au lit sans manger. J'essaie de ne pas penser à ce que ressent ma pauvre mère, alors qu'elle n'a pas le droit de venir voir comment je vais. La plupart des gens qui vivent ça se retrouvent en psychothérapie et tombent dans la délinquance. La seule fois où mon père s'est occupé de me faire faire mes devoirs, j'étais censé apprendre à lire à l'école primaire. Ça a duré cinq minutes et s'est terminé par deux grandes claques. Je ne lisais pas assez bien. Comment veux-tu après ça que je réussisse un concours où que j'obtienne une bourse ? Impossible. J'ai dû attendre 26 ans pour passer un équivalent du Bac (Examen Spécial d'Entrée à l'Université) en cours du soir et suivre les cours de fac en travaillant à côté pour manger. Avec l'Université que tu préconises, je n'aurais jamais fait d'études. J'ai dû apprendre le bon Français, à écrire, à m'exprimer sur le tas : pendant mon cursus. Alors, je veux bien que l'Université française soit très forte sans que l'État n'y mette un kopek. Mais en ce qui concerne les droits d'inscription, je préfère, dans notre république, que chaque jeune puisse facilement et simplement décider de tenter des études sans l'aval de personne. D'autant que la corruption est trop répandue ici bas. Je me souviens d'un de mes profs de littérature qui engueulait une de ses doctorantes parce que son mari avait choisi d'attribuer une bourse à un fils de médecin. Cela aurait pu être un fils de chef d'entreprise, là n'est pas la question. Je souhaite que notre république apporte à chacun une vraie autonomie d'adulte et non une soumission subordonnée à l'autorité. C'est la même chose pour la création d'entreprise. Chacun doit pouvoir entreprendre sans risquer de perdre la seule culotte qu'il possède. Le problème de la surpopulation en fac vient de cette idée absurde d'attribuer le bac à environ 80 % de chaque tranche d'âge, quels que soient les résultats. Il vaudrait mieux que l'état investisse d'abord pour réduire l'échec scolaire. Une école forte fait un pays fort. Nos hommes politiques ont une vision à très court terme et préfèrent trafiquer les chiffres. Il est vrai que la vie politique est courte. Mais on ne devrait pas pouvoir subordonner une courte carrière politique au devenir d'un pays. Malheureusement, à court terme : Pauvres sous-diplômés = Riches tout puissants ; Chômage de masse = Entreprise forte face au salarié (voir la théorie NAIRU) ; Difficulté d'entreprendre = Moins de concurrents. L'homme est bien faible et à long terme, on se retrouve avec un taux de croissance inférieur à celui du Portugal et un taux de chômage équivalent à celui de la Grèce. Mais des multinationales au top.
14:11
Publié dans Perso
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