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vendredi, 14 juillet 2006

Le bal du Point Éphémère

Hier, le 13 juillet 2006, j'entendais des détonations de feux d'artifice. Je surfais sur la toile avec l'araignée. Je me disais : "Il faut que je sorte voir les feux d'artifice". Mais je n'arrêtais pas d'être scotché par la toile. Au bout d'un moment, j'ai trouvé l'audace de sortir dehors. J'ai longé le canal Saint-Martin. Les terrasses de cafés étaient pleines. Les bords du Canal étaient saturés de monde. Y a de plus en plus de cafés ici : 25e Image, Café Bonnie (ancien Nashwa), Sporting, pour la rue des Récollets, Atmosphère, Ta Soeur, Valmy, Timbale, Écluse, Chaland, Opus, Quai Ouest, Poil de carotte, Pointe Lafayette et enfin Point Éphémère, si on remonte vers le nord.

Au Point Éphémère, on avait une programmation rock expé, un groupe signé chez Human Highway Records, un label japonais que je ne connais pas. Ils disent que c'est du post rock de très haut niveau. Je ne pourrai pas en juger, je crois que je suis arrivé tard. D'ailleurs, je ne savais pas qu'il y avait un groupe et j'ai simplement humé l'atmosphère assis au bord du canal. J'ai tenté de discuter avec de charmants Australiens et Australiennes de passage à Paris, mais mon anglais ne me l'a pas permis, alors pas moyen de dire, ni de faire grand-chose. C'est promis, je révise mon pauvre niveau d'anglais.

Le coin est assez futuriste, le lieu entre bâtiments désaffectés réinvestis pour un temps, la déco qui en découle, Éphémère aussi, un lieu à vivre avec juste l'essentiel, des pompes à bière, un deejay, une baie vitrée, une sorte d'arc-boutant qui vient d'on ne sait où, et un canal où scintille l'eau. Vers le sud, la caserne des pompiers, avec un défilé de camions rouges à gyrophare bleu qui fendent la foule à coup de pimpons devant la terrasse. On se demande pourquoi ils n'utilisent pas l'autre sortie. Ce serait moins dangereux. Vers le nord, vers Cité des sciences, passe un métro aérien tout éclairé dans la nuit tel un oiseau nocturne.

Aujourd'hui, le 14 juillet 2006, j'entendais des pétards dans la rue. J'ai remonté le Canal, noir de monde. J'en ai profité pour mémoriser le nom des cafés. J'ai transformé les noms en images : ma soeur tenant une timbale d'eau, contenant une écluse, dans laquelle attendait un chaland, sur lequel un opus était joué par un orchestre dont les cheveux du chef étaient poil-de-carotte et tenait un drapeau américain. Le Point Éphémère s'était associé avec la caserne des pompiers pour donner le bal du 14 juillet. Les camions ne passaient plus devant la terrasse. Le deejay était descendu dans la salle et distillait du bon rock très apprécié par les Américains. Juste à côté, les pompiers avaient clôturé l'espace pour faire payer l'entrée 2 euros.

23:55 Publié dans Bars | Lien permanent